The Choro Elements

Il y a des thèmes que la photographie a souvent illustré de manière spectaculaire et la danse en est un parfait exemple. Les plus belles images ont été faites par de grands photographes, ce qui m’amène à m’interroger :

Comment proposer quelque chose d’original, d’esthétique sans tomber dans une photographie trop académique ?

La réponse a été assez simple dans mon cas. J’ai eu la chance de pouvoir rencontrer Thierry Verger (danseur et chorégraphe calédonien), Béatrice L.Chouckroun (professeur de danse classique au conservatoire de Paris) et Kama (professeur de Yoga). Venus pour dispenser des cours en école de danse réunionnaise durant 5 jours, je leur ai proposé de les photographier ainsi que leurs élèves à la manière d’un reportage, ce qu’ils ont rapidement accepté.

Il est vrai que l’aspect le plus marquant des danseurs, n’est pas la technique dont il font preuve mais plus souvent leur complicité et leur générosité. Cette générosité qui m’a permis de nouer des liens avec eux, de comprendre d’ou ils venaient, de connaître leurs aspirations et surtout la raison de leur amour pour la danse. Une fois accepté par la troupe, les regards face à mon objectif se sont progressivement libérés de la pression du photographe. J’ai pu capter ces instants fugaces de douleur, de joie, de fatigue ou encore d’exaltation exprimant clairement la vraie nature de la danse. Car oui, contrairement aux autres Arts, le corps de l’ Homme n’est pas l’outils créateur d’une oeuvre mais il est l’oeuvre lui-même. L’impression de perfection que dégage un danseur apparait lorsque son corps est intégralement dédié à ses mouvements, lorsque sa technique nous trompe, lorsque ce flux rythmé et ondulatoire nous fait oublier que nous regardons un jeune homme de 13 ans qui danse au profit d’un pur instant de grâce. Quelle raison peut-on donner à l’abnégation de ces danseurs ? La volonté d’expression d’un Art certainement mais je pense que les petits moments de partage entre élèves et professeurs sont autant de réponses à ce questionnement. Les différences d’âges, de classes sociales ou encore de sexe disparaissent soudainement et on se laisse agréablement envahir par la simple valeur offerte par ces corps en mouvement: l’ humanité.

Un reportage réalisé à l’école de danse « La Kaz Dart » situé à la Pointe des Châteaux (Réunion) avec l’aimable participation des professeurs ainsi que des élèves (http://lakazdart.com/).